UN CORPS DE FEMME d'Aude LECHRIST  

 

    Belle découverte

 

Aude LECHRIST vient de publier son premier roman très personnel Un corps de femme dont les pleurs et les angoisses suite à la perte de sa mère à l'âge de 15 ans et du deuil de sa mère qu'elle n'a pas fait 15 ans après, rejaillissent sur la jeune femme devenue adulte. À 33 ans, c'est son premier roman. Jeune femme érudite et émouvante, elle est passionnée d’écriture. Elle travaille déjà à la suite, un roman sur la haute couture des années 50. Un talent à suivre.                        

                                                   

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Aude Lechrist, née à Tours, est passionnée par l'écriture depuis l'âge de 8 ans. Elle quitte sa ville natale à 18 ans pour poursuivre ses études de journalisme à Paris : Paris qu'elle aime « pour l'énergie créatrice que cette ville me donne ». Après un an d'histoire de l'art puis une fac d'histoire à Angers, Aude Lechrist met le pied pour la première fois dans une rédaction à Ouest-France. Après différents stages, elle participe quelques années plus tard au lancement de France 24 où elle est très active comme journaliste. Elle est bien décidé à partager son temps entre le journalisme et sa vie d'auteure.

 

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Un corps de femme chez l’Editeur, sortie le 9 octobre 2014  

                                                                                                                                

    Critique           _____________________________________________________ 

Un corps de femme est un roman fort, à vif, précis comme un symptôme. Roman puissant et juste de la psychosomatique du corps féminin

    Résumé          ____________________________________________________

Maïa est une comédienne de trente ans, apparemment heureuse dans un Paris qui l'habille comme une robe de haute couture. Seulement voilà, il suffit d'un accident de voiture, une nuit, pour que tout se dérègle. Maïa voit ressurgir un passé refoulé qui se fait sentir d'abord dans un corps qui se dérègle, entre insomnies, crises de panique et étouffement. C'est alors à une véritable enquête intime sur elle-même que Maïa va se livrer, faisant de ce texte le témoin de sa métamorphose.

 

      Extraits            ____________________________________________________

" Maman,
J'aimerais qu'il s'agisse d'une note griffonnée sans y faire attention. Une note griffonnée que je lirais sans y prêter attention. J'aimerais que l'on se côtoie sans y mettre de concentration, plaisir de partager, de bavarder, d'inventer des synonymes pour dire le bonheur de se regarder vivre.

Car je t'aime, tu es ma mère, c'est inconditionnel. Je t'aime, j'aimerais grandir, mûrir, évoluer dans ton regard mais il n'est pas là.

Tes yeux ont cessé de voir il y a près de quinze ans. J'avais près de seize ans. Les souvenirs sans toi deviennent plus nombreux que les souvenirs avec toi.

Que dois-je faire de cet amour que je ne peux pluspartager avec toi?

Maman, c'est pour cette raison que je t'écris cette lettre: fce à ce vide que j'ai peur que mon coeur cesse de battre, pour toi, pour moi.

Tu as été une réalité, tu es devenue un néant, je ne sais pas comment te placer dans ma vie"...

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" Hier, papa m'a envoyé une citation. Brute, sans explications. Je ne crois pas que papa m'ait jamais envoyé de citations. Elle est de Jean Cocteau: "Le vrai tombeau des morts, c'est le coeur des vivants". C'est faux. Le vrai tombeau des vivants, c'est le vide. Je me trompe, je voulais écrire: "Le vrai tombeau des morts, c'est le vide".

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"Le noir me faisait peur, je n'allumai pas la lampe de chevet. Je pensai qu'il n'y avait pas de pardon à accorder. Il y avait seulement des faits à accepter. Ma mère s'était débrouillée seule. Elle avait eu ses mécanismes, sa stratégie pour survivre. Imparfaits. Je les avais subis, je n'avais pas à juger.

Cette nuit, pour la première fois, je comprenais qu'il n'y avait qu'une seule solution, pour cesser de souffrir. Je devais reconnaître les faits, leurs conséquences sur ma vie. Laisser sortir dans la douceur cette somme de douleurs"...        

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  - "Mais le corps a parfois beaucoup d'esprit. Quinze ans plus tard, il s'est dressé en première ligne, ouvert, ofert, il a haussé le ton à mesure que j'ai refusé de l'écouter. Il a reçu les coups, cicatrisé les griffures qui racontaiaent l'effroi, taisaient le récit. L'esprit s'est vengé, il m'a asphyxiée, poussée dans mes retranchements. Je ne pourrais pas continuer à vivre sans souffle. Je me dévêtais de ma culture. Laisser se reposer mes peurs dans l'ordinaire. Je n'y suis pas encore tout à fait. Il y aura d'autres turbulences. Je vais devoir oeuvrer avec patience, il me faudra apprendre à être indulgente, douce, pour faire tomber ces protections superficielles qui ne protègent de rien. Et quand le paysage s'étendra enfin dans un horizon qui ancre dans la vie, je n'aurai plus à chercher pour connaître, je n'aurai plus qu'à être. Et ce jour-là, je vous quitterai..."

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"Nous n'avions pas perdu de temps. Les souvenirs ne s'égaraient pas, ils se cachaient. Ce qui importait ce n'était pas la multiplication de moments parfaits. Ce qui importait c'était qu'ils aient pu exister une fois"...

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